sénatoriales Bretagne 2026 réponses au questionnaire

Sénatoriales 2026 en Bretagne : réponses des candidats

de Yes Breizh

Sénatoriales 2026 en Bretagne : les réponses des candidats au questionnaire de Yes Breizh

Dimanche 27 septembre 2026, les grands électeurs sont appelés à renouveler une partie du Sénat.
En Bretagne, trois départements des cinq départements sont concernés cette année : les Côtes d’Armor, le Finistère et l’Ille et Vilaine.

À dix jours du scrutin, Yes Breizh a adressé le même questionnaire aux listes candidates afin de connaître leurs positions sur plusieurs questions essentielles pour l’avenir institutionnel de la Bretagne : dévolution de pouvoirs, autonomie, compétences, financement, Parlement de Bretagne, réunification et engagements susceptibles d’être portés au Sénat.

La démarche avait été présentée dans notre précédent article, Sénatoriales 2026 en Bretagne, dans lequel le questionnaire était également reproduit intégralement.

Au terme de cette consultation, quatre listes ont répondu.

Yes Breizh publie aujourd’hui leurs réponses et les replace face aux 24 listes officiellement candidates dans les trois départements concernés.

Il ne s’agit ni d’une consigne de vote ni d’un classement. Yes Breizh n’est pas un parti politique. L’objectif est de permettre aux grands électeurs, comme à l’ensemble des Bretonnes et des Bretons, de connaître les positions exprimées sur l’avenir institutionnel de la Bretagne.

Sénatoriales 2026 : 24 listes dans trois départements bretons

Onze sièges de sénateurs sont à pourvoir en Bretagne lors du scrutin du 27 septembre : trois dans les Côtes d’Armor, quatre dans le Finistère et quatre en Ille et Vilaine.

Au total, 24 listes ont été officiellement enregistrées.

Côtes d’Armor : 7 listes

Par ordre alphabétique des noms officiels des listes :

Au service des communes pour défendre les Côtes d’Armor – Camille Favre
Avec vous en Côtes d’Armor, pour vous au Sénat ! – Annie Le Houérou
Avec vous, pour nos communes – Didier Lechien
Côtes d’Armor, la droite pour tous ! – Pierre-Yves Thomas
Décider en Bretagne / Dibab e Breizh – Nil Caouissin
Faisons entrer le programme du Nouveau Front populaire au Sénat – Henri Alloy
Les Côtes d’Armor au cœur – Alain Cadec

Cette liste et la position de Nil Caouissin comme tête de liste sont confirmées par le site officiel du Sénat. Sénatoriales 2026

Finistère : 10 listes

Agissons pour le Finistère – Michel Canévet
Au service des communes pour défendre le Finistère – Patrick Le Fur
Décider en Bretagne / Dibab e Breizh – Philippe Plouzané
Écologie Solidarités et Territoires – Glen Dissaux
Engagés pour le Finistère ! – Patrick Leclerc
Faisons entrer le programme du Nouveau Front populaire au Sénat – Cécile Beaudouin
Finistère Ensemble – Forough Dadkhah
Le Finistère, une passion commune ! – Philippe Paul
Les Élus du bon sens – Yann Leriche
Un nouvel élan pour le Finistère – Michel Loussouarn

Ille et Vilaine : 7 listes

Défendons notre ruralité bretonne ! – Gilles Pennelle
Écologie, Solidarité et Territoires – Daniel Salmon
Engagé-es pour nos communes : égalités, solidarités, transitions – Michel Demolder
Ensemble et solidaires pour l’Ille et Vilaine – Sylvie Robert
Faisons entrer le programme du Nouveau Front populaire au Sénat – Yasmina Boulil
L’Ille et Vilaine au cœur – Aymar de Gouvion Saint Cyr
Territoire d’avenir, unis pour l’Ille et Vilaine – Françoise Gatel

Quatre listes ont répondu au questionnaire de Yes Breizh

Quatre réponses ont finalement été reçues par Yes Breizh. Deux proviennent des Côtes d’Armor et deux du Finistère. Aucune liste d’Ille et Vilaine n’a répondu.

Dans les Côtes d’Armor, Annie Le Houérou a répondu en qualité de tête de la liste Avec vous en Côtes d’Armor, pour vous au Sénat !, soutenue selon sa réponse par le PS, le PC, Les Écologistes, Place Publique et Génération.s.

Toujours dans les Côtes d’Armor, Nil Caouissin a répondu en qualité de tête de la liste Décider en Bretagne / Dibab e Breizh.

Dans le Finistère, Yann Leriche a répondu pour la liste Les Élus du bon sens, qu’il présente comme soutenue par LR, Reconquête et différents partis souverainistes.

Toujours dans le Finistère, Philippe Plouzané a répondu en qualité de tête de la liste Décider en Bretagne / Dibab e Breizh, composée ou soutenue, selon sa réponse, par l’Union démocratique bretonne, le mouvement Pour la Bretagne et War Sav.

Leurs réponses font apparaître des convergences sur certains sujets, mais également des différences importantes.

Dévolution : quatre réponses favorables

La première question était au cœur de la démarche de Yes Breizh :

« Êtes-vous favorable à une dévolution de pouvoirs à la Bretagne, permettant aux Bretonnes et aux Bretons de décider davantage eux-mêmes des politiques qui les concernent ? »

Les quatre répondants ont répondu oui.

Annie Le Houérou : OUI
Yann Leriche : OUI
Philippe Plouzané : OUI
Nil Caouissin : OUI

Cette convergence sur le principe de la dévolution ne signifie cependant pas que les quatre listes lui donnent exactement le même contenu. Les réponses aux questions suivantes font apparaître des conceptions différentes de l’évolution institutionnelle souhaitée.

Autonomie de la Bretagne : trois oui, un non

Yes Breizh demandait ensuite si la Bretagne devait disposer d’un statut d’autonomie, lui permettant d’exercer davantage de compétences et de disposer de moyens propres.

Les réponses sont les suivantes :

Annie Le Houérou : NON
Yann Leriche : OUI
Philippe Plouzané : OUI
Nil Caouissin : OUI

Annie Le Houérou précise préférer à un statut d’autonomie une décentralisation élaborée en commun, accompagnée du transfert des moyens financiers et des outils permettant à la Bretagne de conduire davantage de politiques.
Yann Leriche se prononce pour l’autonomie tout en développant principalement, dans ses réponses, la nécessité d’une décentralisation accrue vers les élus locaux.
Philippe Plouzané défend pour sa part une autonomie portant sur de nombreux domaines de l’action publique.
Nil Caouissin se prononce également en faveur d’un statut d’autonomie.

Quelles compétences transférer à la Bretagne ?

Les candidats pouvaient préciser librement les compétences qui devraient, selon eux, être transférées en priorité.

Annie Le Houérou : privilégier une décentralisation négociée

Annie Le Houérou ne fournit pas une liste de compétences déterminées. Sa réponse met l’accent sur une décentralisation élaborée en commun, assortie du transfert des moyens financiers et des outils permettant de faire progresser la Bretagne.

Yann Leriche : davantage de décisions au niveau local

Yann Leriche répond en faveur d’une décentralisation vers les élus locaux.
Son approche apparaît ainsi davantage orientée vers le renforcement du pouvoir des collectivités locales que vers l’attribution d’un ensemble précisément défini de compétences à une institution bretonne.

Philippe Plouzané : une liste étendue de compétences

Philippe Plouzané cite plusieurs domaines prioritaires : logement ; organisation du système de santé et de l’accompagnement social ; économie, notamment agriculture, pêche, commerce et industrie ; environnement ; mobilités ; aménagement ; résilience ; éducation ; recherche ; culture et langues.
Il précise que cette liste de priorités n’est pas exhaustive.

Nil Caouissin : santé, logement, eau, agriculture, éducation, transports et culture

Nil Caouissin cite sept domaines dans lesquels des compétences devraient selon lui être transférées à la Bretagne : la santé, le logement, la protection de l’eau, l’agriculture, l’éducation, les transports et la culture.

Comment financer de nouvelles compétences ?

Le transfert de compétences pose nécessairement la question des moyens permettant de les exercer.

Sur ce point également, les réponses diffèrent.
Annie Le Houérou renvoie au principe d’une décentralisation accompagnée des moyens financiers nécessaires.
Yann Leriche évoque le recours à l’économie locale ainsi qu’une révision de certaines subventions afin de privilégier les actions économiques locales.
Philippe Plouzané défend une autonomie fiscale pour les compétences non régaliennes. Il évoque notamment un partage de l’impôt sur le revenu, de l’imposition des entreprises, de la taxe foncière et de taxes sur certains produits de consommation. Il propose également, dans un premier temps, l’instauration d’une taxe de séjour régionale.
Nil Caouissin propose de financer les compétences transférées par l’autonomie fiscale et/ou par un rééquilibrage des financements de l’État central, qu’il estime aujourd’hui trop concentrés en région parisienne.

Un Parlement de Bretagne élu au suffrage universel ?

La cinquième question portait sur la création d’un Parlement de Bretagne élu au suffrage universel, disposant de compétences élargies et des moyens nécessaires pour les exercer.

Les réponses sont les suivantes :

Annie Le Houérou : NON
Yann Leriche : OUI
Philippe Plouzané : OUI
Nil Caouissin : OUI

Trois des quatre listes ayant répondu se prononcent donc favorablement, tandis qu’Annie Le Houérou privilégie une évolution reposant sur une décentralisation accrue.

Réunification de la Bretagne : trois oui, un non

Yes Breizh a également posé directement la question de la réunification de la Bretagne historique, avec le retour de la Loire Atlantique au sein de la Région Bretagne.

Les réponses sont ici particulièrement nettes :

Annie Le Houérou : OUI
Yann Leriche : NON
Philippe Plouzané : OUI
Nil Caouissin : OUI

Les trois candidats favorables à la réunification ont ensuite été invités à préciser les initiatives qu’ils seraient prêts à soutenir.

Annie Le Houérou propose de relancer et appuyer l’idée d’un référendum dans les cinq départements bretons.
Philippe Plouzané souhaite rendre possible une consultation de la population de Loire Atlantique et consulter également les régions concernées.
Nil Caouissin propose l’organisation d’un vote des habitants de Loire Atlantique, y compris, selon sa réponse, « avec ou sans l’accord de l’État central ».
Yann Leriche explique son opposition par la recherche d’un équilibre des pouvoirs et précise que sa réponse ne remet pas en cause l’histoire commune de Nantes et de la Bretagne.

Que feraient-ils concrètement au Sénat ?

La dernière question demandait aux candidats quelle action concrète ils seraient prêts à entreprendre au Sénat pour faire progresser la dévolution des pouvoirs à la Bretagne.Les quatre réponses traduisent là encore des approches différentes.

Annie Le Houérou : contractualisation et politiques définies en Bretagne

Annie Le Houérou souhaite développer les contractualisations sur la base de politiques définies en Bretagne, avec les moyens financiers correspondants.
Elle propose également de donner davantage de lisibilité à la conduite des politiques régionales, notamment grâce à des plans pluriannuels.

Yann Leriche : revoir les textes pour transférer davantage de décisions

Yann Leriche souhaite faire évoluer les textes afin de permettre le transfert de certaines décisions au niveau local.
Il défend ce qu’il qualifie de « décentralisation réelle », destinée à permettre une meilleure réponse aux attentes locales.

Philippe Plouzané : modifier la Constitution

Philippe Plouzané propose de modifier la Constitution afin de faire de la France une République fédérale.

Nil Caouissin : permettre un statut d’autonomie

Nil Caouissin propose également une évolution constitutionnelle. Il souhaite une révision de la Constitution permettant la création d’un statut d’autonomie pour les régions qui en font la demande.

Dans l’attente d’une telle évolution, il propose de recourir à des expérimentations en Bretagne.

Quatre réponses, plusieurs conceptions de l’évolution institutionnelle

Les réponses reçues permettent d’identifier clairement les positions exprimées, sans qu’il soit nécessaire de les classer ou de les hiérarchiser.

Les quatre répondants se déclarent favorables au principe d’une dévolution de pouvoirs à la Bretagne. Ils divergent ensuite sur sa portée et sur les moyens institutionnels permettant de la mettre en œuvre.

Annie Le Houérou défend une décentralisation renforcée et contractualisée. Elle est favorable à la réunification de la Bretagne, mais pas à un statut d’autonomie ni à la création d’un Parlement de Bretagne tel que proposé dans le questionnaire.
Yann Leriche répond favorablement à la dévolution, à l’autonomie et à la création d’un Parlement de Bretagne. Il insiste cependant dans ses réponses développées sur la décentralisation vers les élus locaux. Il s’oppose à la réunification avec la Loire-Atlantique.
Philippe Plouzané répond favorablement à la dévolution, au statut d’autonomie, au Parlement de Bretagne et à la réunification. Il propose une autonomie fiscale pour les compétences non régaliennes et une évolution constitutionnelle vers une République fédérale.
Nil Caouissin répond lui aussi favorablement à la dévolution, l’autonomie, la création d’un Parlement de Bretagne et la réunification. Il cite plusieurs compétences susceptibles d’être transférées, défend l’autonomie fiscale ou un rééquilibrage des financements et propose une évolution constitutionnelle permettant aux régions qui le souhaitent d’accéder à un statut d’autonomie.

Et les 20 autres listes ?

Le questionnaire présenté par Yes Breizh avait été adressé aux listes candidates sans distinction politique.

Parmi les 24 listes officiellement candidates dans les Côtes d’Armor, le Finistère et l’Ille et Vilaine, quatre réponses ont finalement été enregistrées.
Les vingt autres listes n’avaient pas répondu au moment de préparer cette synthèse.

Yes Breizh avait annoncé dès le lancement de cette consultation que les réponses comme les absences de réponse seraient rendues publiques avant le scrutin.
Cette publication respecte cet engagement.

Informer avant le scrutin du 27 septembre

Les élections sénatoriales ne sont pas organisées au suffrage universel direct.
Ce dimanche 27 septembre, ce sont les grands électeurs qui désigneront les nouveaux sénateurs. Le ministère de l’Intérieur confirme que le renouvellement a lieu le 27 septembre 2026 et que les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par un collège électoral.

Les décisions prises au Sénat concernent pourtant l’ensemble des Bretonnes et des Bretons. Elles peuvent notamment intervenir sur l’organisation des collectivités, la décentralisation, les compétences locales ou les évolutions institutionnelles.

C’est pourquoi Yes Breizh a souhaité interroger les candidats sur des questions rarement placées au centre des campagnes sénatoriales : qui doit décider pour la Bretagne, quelles compétences doivent pouvoir être exercées en Bretagne, avec quels moyens, dans quel cadre institutionnel et sur quel périmètre ?

Quatre listes ont choisi d’y répondre.
Leurs réponses sont désormais publiques.
À chacun d’en prendre connaissance et de se forger sa propre opinion.

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