Levrig 2 Ya Breizh

Dielfennadenn ar budjed : Bro-C'hall ha Breizh

eus Yes Breizh
YES BREIZH • LEVRIG Niverenn 2 – 2027
Dossier thématique 2bis/19

ANALYSE BUDGÉTAIRE FRANCE – BRETAGNE 5
An destenn-mañ a zo ul lodenn eus ar rannoù tematek en niverenn 2 eus *Levrig* Yes Breizh.

Flux fiscaux, dépenses publiques et budget d’une Bretagne bénéficiant de la Dévolution

Levrig 2027
Follenn-hent 2027–2032

NB: Evit mad Frankiz ha berrder, implijet e vez ar stumm gourel en destenn-mañ evit endelc'her an holl reizhoù.

Diverradenn

• Périmètre économique : PIB de la Bretagne à cinq estimé autour de 188–192 Md€ en 2024 pour environ 4,94 millions d’habitants.
• Prélèvements obligatoires : Ordre de grandeur central : environ 80–83 Md€ par an, toutes administrations publiques confondues.
• Balance territoriale globale : Les dépenses publiques bénéficiant au territoire sont estimées autour de 94–98 Md€ ; ce solde apparent est fortement influencé par les retraites, la santé et le déficit public national.
• Balance avec l’État central : Selon le périmètre retenu, la balance nette de la Bretagne avec le budget central français serait de l’ordre de – 2 à 10 Md€ par an ; la fourchette – 2–6 Md€ est la plus prudente lorsque l’on impute une quote-part des fonctions nationales.
• Dépenses publiques par politiques : Plus de 100 Md€ de dépenses publiques concernent directement ou indirectement les habitants de Bretagne 5, mais une faible part est décidée par une institution bretonne.

Note méthodologique

Comme on peut l’imaginer, ce document a été compliqué à construire.

Si Yes Breizh a rédigé les textes, les données proviennent de sources récupérées à partir des informations existant sur Internet.

Nous avons en fait établi, non sans peine, donc, une comptabilité ‘bretonne’ reconstituée : la France ne publie pas en effet de compte consolidé officiel pour une Bretagne à cinq départements. Les chiffres doivent donc être lus comme des ordres de grandeur, avec des marges d’incertitude variables selon les postes. Les données 2024 ont été privilégiées pour la cohérence d’ensemble, car, pour 2025, toutes les données n’ont pas encore été publiées. Pour les comparaisons internationales, nous avons utilisé les budgets 2025–2026 lorsqu’ils étaient disponibles dans les analyses d’origine.

Yes Breizh est arrivé assez rapidement à distinguer trois catégories : (1) les prélèvements acquittés en Bretagne 51 , (2) les recettes affectées à des administrations locales sans qu’elles disposent nécessairement d’un pouvoir fiscal autonome, et (3) les dépenses publiques bénéficiant aux Bretonnes et Bretons.

Analyse résumée des flux :

Flux sortant de BretagneFlux revenant en Bretagne
Impôt sur le revenuBudgets des communes/EPCI2
Impôt sur les sociétésBudgets des départements
TVABudget régional
TICPE3 / accises4Dotations de l’État
Droits de successionDépenses de l’État en Bretagne
Fiscalité du capitalSalaires des fonctionnaires d’État
Fiscalité des entreprisesRetraites
Cotisations socialesSanté / Assurance maladie
CSG / CRDSPrestations sociales
Autres prélèvementsInvestissements publics
TOTAL PRÉLEVÉTOTAL DÉPENSÉ/RESTITUÉ

PARTIE I — La balance fiscale de la Bretagne 5

Objectif de la réflexion Yes Breizh sur le sujet : estimer ce qui est prélevé en Bretagne, ce qui y est dépensé et distinguer la balance globale de la relation budgétaire de la Bretagne avec l’État central.

Yes Breizh a fait un calcul prenant 2024 comme année de référence, la dernière année pour laquelle on dispose d’un ensemble cohérent de comptes publics définitifs ou quasi définitifs.

Ce calcul est une reconstitution d’une comptabilité bretonne, car la France ne publie pas de « compte des administrations publiques » pour la Bretagne déjà à 4 et a fortiori à 5 !

La Bretagne à cinq compte environ 4,94 millions d’habitants : 612 000 dans les Côtes-d’Armor, 933 000 dans le Finistère, 1,121 million en Ille-et-Vilaine, 1,488 million en Loire-Atlantique et 783 000 dans le Morbihan. (Insee)

1. Le résultat d’ensemble

L’estimation centrale pour 2024 est la suivante :

Bretagne 5 — 2024Md€
Prélèvements obligatoires générés/acquittés en Bretagne≈ 81 Md€
dont prélèvements fiscaux État/organismes nationaux≈ 34 Md€
dont cotisations sociales + CSG et assimilés≈ 37 Md€
dont fiscalité attribuée aux collectivités≈ 10–11 Md€
Dépenses publiques bénéficiant au territoire et à ses habitants≈ 94–98 Md€
Solde apparent toutes administrations publiques≈ +13 à +17 Md€ en faveur de la Bretagne

Ce dernier chiffre ne signifie pas que l’État central verse 15 Md€ à la Bretagne !

Une large partie correspond en effet aux retraites, à l’assurance-maladie, à l’éducation, aux prestations sociales, etc. Et la France étant déficitaire, les dépenses publiques sont supérieures aux prélèvements obligatoires : ainsi, en 2024, les prélèvements obligatoires représentaient 42,8 % du PIB, alors que les dépenses publiques atteignaient 57,1 % et le déficit 5,8 % du PIB. (Insee)

C’est donc le solde avec l’État central au sens strict qui est politiquement et institutionnellement le plus intéressant et c’est ce vers quoi Yes Breizh a réalisé ses analyses.

2. Ce que la Bretagne 5 acquitte

Yes Breizh estime le PIB de la Bretagne à 188–192 Md€ en 2024. Appliquer mécaniquement les 42,8 % de prélèvements obligatoires français donnerait environ 81–82 Md€. Yes Breizh a ensuite légèrement corrigé la répartition départementale pour tenir compte de la structure économique, des revenus et de l’emploi.

Estimation par grande catégorie

Prélèvement 2024Bretagne 5
Impôt sur le revenu≈ 6,0 Md€
Impôt sur les sociétés≈ 3,8 Md€
TVA≈ 13,5–14,0 Md€
Accises énergie, carburants, alcool, tabac…≈ 4,0 Md€
Cotisations sociales≈ 27–29 Md€
CSG, CRDS5 et prélèvements sociaux≈ 8–10 Md€
Fiscalité locale≈ 10–11 Md€
Successions, patrimoine, assurances, taxes diverses, etc.≈ 5–7 Md€
TOTAL≈ 80–83 Md€

La cohérence du modèle est contrôlée avec les données nationales : la DGFiP a encaissé 568 Md€ de recettes fiscales en 2024, dont 55 % pour l’État, 27 % pour les administrations locales et 18 % pour la Sécurité sociale ; l’impôt sur les sociétés représentait à lui seul 59 Md€. (impots.gouv.fr)

3. Où vont approximativement ces 81 milliards ?

On peut les regrouper plus utilement en trois ensembles.

État et organismes nationaux

Environ 33 à 35 milliards d’euros (TVA nette perçue par l’État, impôt sur le revenu, impôt sur les sociétés, accises, droits de mutation de l’État, fiscalité du patrimoine, diverses taxes…)

Sécurité sociale

Environ : 36–38 Md€ (Cotisations sociales, CSG/CRDS et fiscalité affectée).

Collectivités territoriales

Environ : 10–11 Md€ (Communes, EPCI, départements et quote-part des régions).

Attention cependant : « fiscalité locale » ne signifie plus nécessairement impôt décidé localement. Les recettes locales comprennent désormais d’importantes fractions d’impôts nationaux, notamment de TVA6 par conséquent Yes Breizh considère que la Bretagne bénéficie de recettes locales sans disposer pour autant d’une autonomie fiscale équivalente.

4. Quels sommes reviennent effectivement en Bretagne

Yes Breizh a réfléchi et conclu qu’il faut aller au-delà des seules « subventions » et a retenu six grands ensembles.

Dépenses publiques bénéficiant à Bretagne 5Estimation
Retraites et pensions≈ 26–28 Md€
Santé / Assurance maladie / hôpitaux≈ 18–20 Md€
Prestations sociales hors retraites/santé≈ 8–10 Md€
Communes, EPCI, départements, régions≈ 18–20 Md€
Éducation, universités et services territoriaux de l’État≈ 10–12 Md€
Autres dépenses État : sécurité, justice, infrastructures, défense, agriculture, culture, etc.≈ 8–10 Md€
Total directement ou raisonnablement territorialisable≈ 91–100 Md€

Yes Breizh a choisi une estimation moyenne de ≈ 96 Md€.

La structure est cohérente avec les comptes français dans leur ensemble : les dépenses publiques françaises s’établissaient à 1 672 Md€ en 2024, et leur progression était notamment tirée par les retraites, la santé et l’enseignement. (Insee)

Mais…

Il faut enlever de l’équation les transferts qui relèvent de la solidarité sociale nationale.

Une pension de retraite versée à Brest n’est pas véritablement « de l’argent que l’État central donne à la Bretagne » : c’est essentiellement le produit d’un régime social auquel le retraité et les actifs ont cotisé.

Même raisonnement pour la maladie, le chômage, les allocations familiales, les retraites, les accidents du travail…

Et donc…

Si nous isolons ce qui relève de l’État central, Yes Breizh arrive à la conclusion suivante :

Recettes fiscales versées à l’État central provenant de Bretagne : ≈ 29–33 Md€

contre :

Dépenses directement engagées par l’État central en Bretagne : ≈ 20–24 Md€

soit un « déficit » d’environ 5 à 10 Md€ par an de prélèvement net Bretagne → État central

avant correction pour certains postes nationaux, car il faudrait corrigé ce montant de dépenses générales comme pour la Défense, la diplomatie, les ministères centraux, le Conseil d’État, la Cour de cassation, les administrations centrales et toutes les entités du fameux mille feuilles administratif français sans oublier … la dette pour laquelle il est moi d’être évident que la Bretagne ait profité de tous les emprunts contractés…

Mais admettons qu’une partie de ces dépenses bénéficie également à la Bretagne.

5. Yes Breizh propose donc trois soldes

Solde A — prélèvements / transferts visibles à la Bretagne

Ce qui est prélevé en Bretagne contre ce qui y est dépensé matériellement :

Bretagne plutôt bénéficiaire : environ +10 à +15 Md€.

Mais ce calcul est profondément influencé par retraites, santé et déficit national.

Solde B — État central strict

Impôts allant à l’État contre dépenses de l’État effectivement réalisées en Bretagne :

Bretagne plutôt déficitaire : ≈ 5 à 10 Md€/an.

Solde C — État central avec quote-part des fonctions nationales

Yes Breizh a estimé pour la Bretagne une part raisonnable de défense, dette, diplomatie, recherche nationale, administration centrale, etc.

Le solde se resserrerait alors probablement autour de :

≈ 2 à 6 Md€ de déficit annuel entre la Bretagne 5 et l’État central.

De cette analyse, Yes Breizh tire une première conclusion :

Conclusion 1.

Plutôt que de dire « Combien l’État central français prend-il à la Bretagne ? », il est certainement plus rigoureux de dire :

La Bretagne génère de l’ordre de 80 milliards d’euros de prélèvements obligatoires chaque année, soit environ 16 500 € par habitant. Mais seule une fraction minoritaire de ces prélèvements est décidée par des institutions bretonnes.

PARTIE II — Les dépenses publiques par grandes politiques

Objectif de la réflexion Yes Breizh sur le sujet : passer de la logique des flux à celle des compétences : combien est dépensé aujourd’hui dans chaque domaine et quelle part pourrait, par comparaison européenne, relever d’une décision bretonne par la dévolution ?

Pour éviter une fausse précision, Yes Breizh est parti des dépenses publiques effectivement générées par fonction en France en 2024, puis de calculer une quote-part pour la Bretagne. L’Insee donne 1 672 Md€ de dépenses publiques en 2024, dont 261 Md€ pour la santé, 149 Md€ pour l’enseignement, 166 Md€ pour les affaires économiques, 52 Md€ pour la sécurité, 42 Md€ pour le logement et 30 Md€ pour l’environnement. (Insee)

A. Vision globale d’une « comptabilité ministérielle » pour la Bretagne

Evit 4,94 millions d’habitants, Yes Breizh arrive aux ordres de grandeur suivants :

Politique publiqueDépense publique annuelle estimée pour la Bretagne€/hab.Aujourd’hui principalement décidé par
Yec'hed19–20 Md€3 850–4 050 €État central / Assurance maladie
Éducation scolaire10–11 Md€2 050–2 250 €État central + collectivités
Enseignement supérieur / recherche3–4 Md€600–800 €État central
Protection sociale hors santé≈50 Md€≈10 000 €État centrale / Sécurité sociale
Économie / transports / agriculture / énergie≈11–12 Md€2 200–2 400 €État central + collectivités + UE
Sécurité / justice / prisons≈3,5–4 Md€700–800 €quasi exclusivement État central
Logement / aménagement≈3 Md€≈600 €État central + collectivités
Endro≈2 Md€≈400 €État central + collectivités
Sevenadur ≈0,75 Md€≈150 €surtout collectivités
Défense : quote-part théorique≈3,5–4 Md€700–800 €État central
Total de ces grandes politiques≈105–115 Md€21 360 – 23 270 €

Même si ces calculs sont des estimations à nuancer par le fait que la France est endettée et en déficit chaque année… Il est clair que nous ne pouvons pas additionner ces chiffres avec nos 81 milliards d’euros de prélèvements. En effet, la France dépense plus qu’elle ne prélève en raison du déficit public, et certains postes incluent des transferts entre administrations.

Mais pour Yes Breizh, l’analyse du tableau permet de tirer une deuxième conclusion :

Conclusion 2.

La question de la dévolution de son budget à la Bretagne porte potentiellement sur plusieurs dizaines de milliards d’euros de politiques publiques, et non sur les quelque 2 milliards du seul budget de la Région Bretagne 4.

B. Vision globale détaillée par « portefeuille ou thématique » pour la Bretagne

1. Santé : un changement d’échelle spectaculaire

Yes Breizh estime les dépenses de santé en Bretagne à environ 19-20 milliards d’euros par an, soit entre 3 850 et 4 050 euros par habitant.

Comme détaillé dans l’analyse thématique sur le sujet, la Bretagne ne dirige quasiment pas son système sanitaire : l’ARS, l’Assurance maladie et l’État central occupent des positions dominantes.

Comparons avec nos cousins d’outre-Manche :

L’Écosse affecte £21,7 Md à Health and Social Care en 2025-26, soit près de £3 900 (4 540 €) par habitant. (Gouvernement écossais)

Le Pays de Galles consacre lui environ £12,6 Md au portefeuille Health and Social Care soit près de £4 000/habitant(4 650 €). (GOV.WALES)

Pour une Bretagne bénéficiant de la dévolution en matière de santé, la question ne serait pas : « faut-il dépenser plus ? (quoique), mais qui décide des 19 à 20 Md€ déjà dépensés pour la santé des Bretonnes et des Bretons.

Conclusion 3.

Partant d’un budget de 19 à 10 Md€, la Bretagne disposant d’une compétence sanitaire comparable à celle de l’Écosse ou du Pays de Galles pourrait piloter : notre organisation hospitalière ; notre médecine de proximité ; notre prévention ; notre démographie médicale ; la santé mentale ; la dépendance ; nos investissements hospitaliers ; notre formation sanitaire ; notre politique pharmaceutique, etc.7

2. Éducation : autour de 10–11 Md€

L’enseignement représente 149 Md€ de dépenses publiques françaises en 2024, dont 104 Md€ assumés par les administrations centrales et 45 Md€ par les collectivités. (Insee)

Yes Breizh estime donc à environ 10-11 Md€/an les dépenses concernant l’éducation en Bretagne 5 soit 2 050 à 2 250 € par habitant.

L’Écosse dispose d’un portefeuille Éducation and Skills de l’ordre de £4,3 Md, tandis que d’importantes dépenses scolaires passent également par les collectivités financées par le budget écossais (gouvernement écossais) pour arriver à un toal de £6.5 Md soit environ 1 380 € par habitant. Un montant beaucoup plus faible qu’en Bretagne (48 % en moins) avec des enseignants mieux payés en Écosse et des résultats pas moindres qu’en Bretagne !

Conclusion 4.

À partir d’un budget de 10 à 11 Md€, la Bretagne pourrait décider elle-même8 des programmes scolaires pour une partie des matières comme l’histoire et géographie de la Bretagne ; la politique linguistique, la carte scolaire ; mais aussi du statut, de la rémunération et de la formation des enseignants ; de l’enseignement professionnel ; de l’apprentissage ; des infrastructures ; et de l’enseignement supérieur dans un second niveau de dévolution. La comparaison avec le système écossais notamment pourrait largement également nous profiter.

3. Enseignement supérieur, recherche, innovation

Yes Breizh estime à environ 3-4 Md€/an les dépenses concernant les thèmes en Bretagne 5 soit seulement 600 à 800 € par habitant.

Il nous a été difficile de trouver des éléments de comparaison avec d’autres nations, mais nous en trouverons d’ici l’édition 2028 du Levrig, mais, pour Yes Breizh (cf. notre réflexion thématique sur le sujet) nous pensons que la dévolution de ce sujet nous permettrait d’avoir une stratégie propre tout en conservant nos relations avec les politiques de l’État central sur ces sujets, mais en développant de manière plus concrète des partenariats stratégiques aved d’autres entités correspondantes dans d’autres pays.

Conclusion 5.

Avoir une stratégie propre à partir d’un budget annuel de 3 à 4 milliards sur nos relations avec les universités ; les grandes écoles ; la recherche marine ; la cybersécurité ; l’IA ; l’agronomie ; l’agroalimentaire ; les énergies marines ; les matières celtiques ; la politique linguistique universitaire, etc.

4. Économie, industrie et emploi

Yes Breizh estime un montant de dépenses concernant ces thèmes à une somme se situant entre 5 et 7 Md€/an.

C’est une somme non négligeable, mais qui doit pouvoir mener à une véritable politique industrielle bretonne, et pas seulement à la distribution d’aides9.

Conclusion 6.

Avoir là encore une stratégie industrielle propre à partir d’un budget annuel de 5 à 7 Md€ pourrait être définie avec l’ensemble des acteurs impliqués sur ces sujets en Bretagne grâce à la dévolution de notre politique de développement économique ; de notre stratégie industrielle (impossible à définir autrement) ; de l’emploi ; de la formation professionnelle ; du commerce extérieur à la Bretagne ; de l’innovation ; de l’ attractivité (au-delà du bien-vivre) ; de l’aide aux entreprises ; du tourisme (avec une politique régie plutôt que subie) ; une politique portuaire audacieuse au risque d’être en concurrence avec d’autres ports français ou européens. économique.

5. Agriculture, pêche et alimentation

Selon Yes Breizh, ce secteur est probablement l’un de ceux pour lesquels une compétence bretonne serait la plus naturellement justifiable.

L’Irlande consacre plus de 2 Md€ par an à son Department of Agriculture, Food and Marine, auxquels s’ajoutent plus de 1,2 Md€ de paiements européens directs aux agriculteurs. (Gouv.ie)

Pour Bretagne 5, Yes Breizh estime à une somme ≈1,5–2,0 Md€/an le budget total incluant PAC, aides nationales, pêche, FEADER/FEAMPA, collectivités et dispositifs publics connexes10.

Conclusion 7.

Ce secteur est un des atouts majeurs de la Bretagne. Il est cependant en voie de fragilisation, comme le souligne souvent la Région administrative, mais celle-ci ne peut y faire grand-chose, tant ces sujets sont pilotés par l’État central. Une dévolution pourrait nous permettre de gérer directement en nous inspirant du modèle irlandais en pleine croissance : déclinaison de la PAC ; modèle agricole ; élevage ; eau ; transmission ; installation ; pêche ; ports de pêche ; aquaculture ; alimentation ; agroalimentaire le tout dans une forte conscience environnementale pas contradictoire avec le développement de ces secteurs.

6. Transports et infrastructures

L’Écosse dispose d’un portefeuille Transport d’environ £4 Md/an (4.7 Md€) (gouvernement écossais) pour environ 850 € par habitant et par an. L’Irlande, elle, dispose d’un budget de 3,9 Md€ en 2025, dont 2,9 Md€ d’investissement. (Gouv.ie) pour un ration par habitant de 622.

Pour la Bretagne 5, routes, rail, transports publics, ports et infrastructures représentent après des recherches menées par Yes Breizh probablement autour de 3–4 Md€/an de dépenses publiques soit une part par habitant et par an de 607 à 809. Mais au contraire de l’Écosse et de l’Irlande, ce budget pourtant non négligeable est éparpillé entre différents acteurs (Paris – SNCF – régions Bretagne et Pays de la Loire – départements – métropoles – intercommunalités).

Conclusion 8.

Cette compétence dévolue permettrait sans nul doute d’utiliser au mieux une enveloppe budgétaire conséquente, mais n’ayant pas les effets escomptés quand on les compare à d’autres pays. En Bretagne, la dévolution permettrait de développer des synergies entre les acteurs, limiter, voire supprimer la dispersion des décisions et donc mettre en œuvre une politique de transports permettant la prise de décisions utiles à la Bretagne toute entière.

7. Logement

Le Pays de Galles disposait en 2025-26 d’un ensemble Housing and Local Government de près de £6,75 Md (7.87 Md€) soit 2 539 € par habitant, même si une large part correspond aux dotations versées aux autorités locales et ne peut donc être assimilée au seul logement. (GOV.WALES).

L’Irlande, elle, consacrait dans la même période plus de : 7,8 Md€ au Department of Housing, Local Government and Heritage, soit 1 418 € par habitant dont plus de 3,2 Md€ de crédits d’investissement. (Gouv.ie)

La Bretagne 5 pourrait représenter environ : 2,5–3,5 Md€/an de dépenses publiques liées au logement et à l’aménagement, soit entre 506 et 708 € par habitant. Un ratio donc près de 4.5 fois moindre qu’en Galles ou moitié moins qu’en Irlande.

C’est clairement une question prioritaire pour la Bretagne, qui n’est pas considérée comme telle aujourd’hui par le système central français.

Conclusion 9

Cette compétence dévolue permettrait de mieux prioriser ce sujet particulièrement sensible pour la Bretagne. Ce sujet est à reprendre11 en éventuellement de nouveau s’inspirer d’autres modèles plus performants. La dévolution de sujet permettrait de refonder une politique du logement intégrant un certain nombre de défis, tels que la question des résidences secondaires, des logements vacants, du foncier, des zones dites « tendues », de la fiscalité immobilière, des logements sociaux, de l’encadrement touristique et de l’urbanisme. La dévolution sur cette question devra intégrer certes uen dévolution budgétaire, mais également une dévolution fiscale et réglementaire.

8. Environnement, énergie et climat

La France consacre environ 30 Md€ de dépenses publiques à la protection de l’environnement. (Insee), une reconstitution selon le modèle expliqué plus haut aboutit à un montant de ≈2–2,3 Md€/an pour la Bretagne qu’il faudrait cependant ajuster, étant donné l’importance pour nous du littoral, de l’eau et de l’agriculture.

A titre de comparaison, l’Écosse a prévu de dépenser environ £0,9 Md (1 Md€) pour son plan Net Zero and Energy en 2025-26. (Gouvernement écossais) et le Pays de Galles à peu près la même somme £897 M pour son plan Climate Change and Rural Affairs. (GOV.WALES)

Les périmètres sont donc à ajuster.

Conclusion 10.

Cette compétence dévolue ayant des impacts dans bon nombre de domaines, comme notamment : la gestion de l’eau ; le problème des nitrates ; la biodiversité ; le littoral ; les énergies marines ; l’éolien offshore ; la planification énergétique ; l’adaptation climatique ; la gestion des déchets permettrait là, encore d’utiliser au mieux une enveloppe budgétaire probablement conséquente. En Bretagne, l’instauration d’un système de dévolution permettrait de favoriser des synergies entre les nombreux acteurs en présence, de limiter, voire d’éliminer les décisions divergentes, et ainsi de mettre en œuvre une politique efficace pour l’ensemble de la région bretonne.

9. Justice, police et prisons : le cas le plus politiquement spectaculaire

La France dépense environ 52 Md€ pour l’ordre et la sécurité publics. (Insee)

Selon la même méthode de calcul, la quote-part théorique de Bretagne 5 pourrait se situer autour de 3,5 à 4 Md€ par an, soit environ 709 à 810 € par habitant et par an.

Aujourd’hui, pratiquement 0 € de cette politique n’est décidé par une institution bretonne.

Si nous faisons une nouvelle fois des comparaisons, l’Écosse dispose d’un budget Justice d’environ : £4 Md/an (soit environ 4.7 Md€) donc 848 € par an et par habitant, comprenant police, prisons, justice, sécurité incendie, aide juridique, etc. (Gouvernement écossais)

Conclusion 11.

Cette compétence dévolue pourrait l’être en deux phases, une première concernant la sécurité civile et la coordination et dans une seconde concernant la création d’une police bretonne ayant les mêmes compétences que les polices écossaises ou basques (fonctionnant sans encombre avec l’organisation de la sécurité générale en Grande-Bretagne ou en Espagne. À noter que la question du transfert des compétences en matière de justice devra être abordée parallèlement.

10. Le tableau de synthèse réalisé par Yes Breizh

ThématiqueDépenses estimées Bretagne 5Niveau de décision breton aujourd’huiDévolution comparée possible
pour la Bretagne
Yec'hed19–20 Md€FaibleTrès forte
Protection sociale≈50 Md€NullePartielle
Éducation10–11 Md€FaibleTrès forte
Supérieur / recherche3–4 Md€FaibleForte
Économie / emploi3–4 Md€FaibleTrès forte
Transports3–4 Md€FaibleTrès forte
Agriculture / pêche1,5–2 Md€FaibleTrès forte
Lojeiz≈3 Md€FiableForte
Environnement / énergie≈2 Md€FaibleForte
Justice / sécurité3,5–4 Md€Quasi nulleForte
Sevenadur≈0,75 Md€Assez locale, mais disperséeTrès forte
Yezhoù≈15–25 M€FaibleTrès forte

Conclusion générale

Chaque année, plus de 100 milliards d’euros de dépenses publiques bénéficient directement ou indirectement aux 4,94 millions d’habitants de la Bretagne 5. Mais, dans les domaines essentiels — santé, école, justice, sécurité, recherche, agriculture, énergie — les institutions bretonnes ne décident que d’une fraction de ces sommes. La dévolution ne consiste donc pas principalement à dépenser davantage : elle consiste à rapprocher la décision de la population qui finance et utilise ces services.

C’est précisément ce que montre l’Écosse et le Pays de Galles : un gouvernement « local » peut administrer plusieurs dizaines de pour cent de la dépense publique sans remettre en cause le fonctionnement général.

PARTIE III — Focus sur la culture et les langues de Bretagne

La culture et les langues offrent un cas d’étude particulièrement lisible : la dépense existe déjà, mais elle est fragmentée et ne forme pas aujourd’hui une politique publique bretonne intégrée comparable à celles du Pays de Galles, de l’Écosse, de l’Irlande ou d’Euskadi (Pays basque, Sud intégré à l‘Espagne).

Yes Breizh a choisi de faire ce focus sur ce sujet tenant fort au cœur des Bretonnes et des Bretons.

Il faudra pouvoir le faire à terme pour toutes les autres thématiques concernant la Bretagne.

Complément méthodologique

En reconstituant la Bretagne à cinq départements à partir des comptes culturels des collectivités et des crédits de l’État, Yes Breizh situe la dépense publique culturelle annuelle de la Bretagne autour de 700 à 800 M€, soit approximativement 145 à 160 € par habitant.

Il faut cependant distinguer deux choses : les dépenses des collectivités, qui sont relativement bien mesurées, et celles de l’État, plus difficiles à localiser parce qu’une partie passe par des opérateurs nationaux.

1. Bretagne 5 : ordre de grandeur 2024

Pour l’ensemble de la France, les collectivités ont consacré 9,985 Md€ à la culture en 2024, soit 146 €/habitant : 79 % sont financés par le bloc communal, 13 % par les départements et 8 % par les régions.

La Bretagne se situe historiquement plutôt en dessous de la moyenne nationale pour les dépenses communales/intercommunales. L’Atlas culturel du ministère donnait, par exemple, environ 107 €/habitant pour le bloc local breton, contre jusqu’à 148 € en PACA. (Ministère de la Culture)

En actualisant cette structure et en intégrant la Loire-Atlantique, notre estimation est :

Financeur — Bretagne 5M€/an€/hab. approx.
Communes390–43079–87 €
EPCI/métropoles125–15025–30 €
5 départements70–8514–17 €
Quote-part des régions Bretagne + Pays de la Loire pour le 4450–6010–12 €
Collectivités territoriales635–725 M€128–147 €
État – DRAC et crédits déconcentrés65–8013–16 €
TOTAL directement territorialisable≈ 700–805 M€≈ 142–163 €

Yes Breizh retient donc comme chiffre central :

≈ 750 M€ de dépenses publiques culturelles par an en Bretagne 5, soit environ 150 € par habitant.

Cela représente environ 0,4 % du PIB de la Bretagne 5.

2. La particularité importante : ce sont surtout les communes qui financent

C’est un point souvent méconnu12. En France, l’État ou les régions ne sont pas les principaux financeurs de la culture en local : 79 % des dépenses culturelles des collectivités sont réalisées par les communes et intercommunalités. Le bloc communal consacre nationalement environ 123 €/habitant, contre 19 € pour les départements et seulement 12 € pour les régions.

La Bretagne suit cette logique. Rennes, Nantes, Brest, Lorient, Vannes, Saint-Brieuc, Quimper, Saint-Nazaire, leurs métropoles/agglomérations, ainsi que le réseau exceptionnellement dense de communes et d’intercommunalités, constituent donc le véritable socle du financement culturel breton.

C’est également cohérent avec la densité des équipements : la Bretagne administrative compte notamment 1 001 bibliothèques, avec le meilleur taux d’équipement français, 21,1 bibliothèques pour 100 000 habitants. (Ministère de la Culture)

3. Comparaison avec quelques grandes régions

Pour faire les comparaisons les plus pertinentes possibles, Yes Breizh a choisi d’utiliser comme référence le nombre d’euros par habitant, et non les budgets absolus. En combinant les données DEPS13 disponibles et une actualisation 2024, Yes b Breizh a réalisé le tableau récapitulatif suivant avec, modestement, des ordres de grandeur néanmoins fiables.

TerritoireDépense
PACA≈ 165–185 €/hab.
Île-de-France≈ 155–175 €/hab.
Occitanie≈ 145–165 €/hab.
Hauts-de-France≈ 145–160 €/hab.
France entière146 €/hab.
Nouvelle-Aquitaine≈ 130–145 €/hab.
Bretagne 5≈ 128–147 €/hab.
Auvergne-Rhône-Alpes≈ 125–145 €/hab.

Yes Breizh précise de nouveau que les fourchettes par Région sont des estimations, car la publication 2024 du ministère fournit le total consolidé pour la France, mais pas, dans son rapport synthétique, un tableau directement comparable des treize régions selon exactement la même définition. La moyenne française de 146 € par habitant est en revanche une donnée comptable 2024. (Ministère de la Culture)

4. Mais l’écart devient beaucoup plus spectaculaire avec l’État central

Le ministère de la Culture disposait en 2024 d’un budget d’environ 4,6 Md€, auquel s’ajoutent l’audiovisuel public et différents opérateurs. (Ministère de la Culture) Or la répartition territoriale est extrêmement déséquilibrée, notamment à cause des grands établissements nationaux situés à Paris.

Historiquement, le ministère lui-même constatait que les crédits culturels de l’État représentaient environ :

139 €/habitant en Île-de-France contre seulement 15 €/habitant hors Île-de-France. (Ministère de la Culture)

Les valeurs ont évolué depuis, mais la concentration francilienne demeure structurelle : Louvre (plus de 320 M€), Opéra de Paris (240 M€), Versailles (170 M€), Centre Pompidou (460 M€), etc.

Ainsi, on peut faire deux constats :

Premièrement, en dépenses culturelles locales par habitant, la Bretagne paraît plutôt se situer autour ou légèrement sous la moyenne française, malgré une identité, un patrimoine et une densité d’activités culturelles particulièrement importants.

Deuxièmement, la part de l’État directement dépensée en Bretagne est beaucoup plus faible que celle bénéficiant à l’Île-de-France.

Et cette seconde question devient encore plus intéressante si l’on inclut les dépenses concernant les langues bretonne et gallèse.

5. Un calcul et une comparaison pour les langues de Bretagne

Comme Yes Breizh le fait presque systématiquement, nous avons dans la logique de la balance fiscale que nous venons de faire, de comparer maintenant Bretagne 5 / Écosse / Pays de Galles / Irlande / Pays basque, en indiquant pour chacun €/habitant, la part du budget public et montant spécifiquement consacré à la langue (ou aux langues) et à la culture nationale.

Pour Yes Breizh, cette comparaison a été faite, car beaucoup plus parlante qu’une comparaison uniquement avec les régions françaises.

Les données sont issues de l’analyse des budgets 2025-2026, avec Bretagne 5 reconstituée (pas de consolidation).

Pays ou NationPopulationCulture portée par gouvernement national/régionalLangue nationale/régionaleLangue €/hab.
Breizh administrative3,45 M28 M€ Région≈12 M€ breton + gallo≈3,5 €
Bretagne 54,94 M???
Skos5,54 M£238 M (277 M€)£35,5 M (41.4 M€) gaélique + scots≈£6,4 (7.4 €)
Kembre3,19 M≈£120–190 M selon périmètre (140 – 221 M€)£57,2 M (66.7 M€) gallois≈£18 (21 €)
Iwerzhon5,46 M≈380 M€ arts & culture107 M€ Gaeltacht/irlandais≈19,6 €
Pays basque (Euskadi)2,22 M79,8 M€ culture86,4 M€ euskara≈39 €

Pour la seule politique linguistique, Euskadi consacre par habitant environ onze fois ce que la Région Bretagne consacre actuellement au breton et au gallo ; le Pays de Galles sept fois, l’Irlande environ six fois et l’Écosse deux fois.

Les périmètres peuvent certes ne pas être absolument identiques, mais les écarts sont trop importants pour être expliqués par la seule méthodologie.

6. Bretagne 4 : environ 12 M€ pour les langues

Le budget 2025 de la Région Bretagne prévoit environ 12 M€ pour les langues de Bretagne. Le programme budgétaire prévoit 10,725 M€ de fonctionnement et 1,265 M€ d’investissement, donc soit pratiquement 12 M€. (Région Bretagne)

Pour 2024, la programmation distinguait :

  • breton : 10,28 M€ ;
  • gallo : 1,04 M€.

L’objectif pour 2027 est d’atteindre environ 11,33 M€ pour le breton Ha 1,65 M€ pour le gallo, soit pratiquement 13 M€. (Région Bretagne)

Cela correspond donc à environ 3,5 € par habitant de Bretagne administrative.

Rapporté artificiellement à la Bretagne 5, si l’effort était simplement prolongé à la Loire-Atlantique, on resterait dans un ordre de grandeur voisin.

Pour être tout à fait clairs, ce n’est toutefois pas la totalité de l’argent public consacré au breton et au gallo : il faut ajouter l’Éducation nationale, les communes, les départements, les EPCI, la Loire-Atlantique, l’audiovisuel, etc. Mais encore une fois, l’écart est tel que le diagnostic reste le même. 14

7. Écosse : deux à trois fois le budget de la Bretagne

Le budget culturel du gouvernement écossais pour 2025-2026 s’élève à £238,1 M (277 M€), dont :

  • Creative Scotland : £80 M (93.2 M€);
  • collections culturelles nationales : £104,8 M (122.1 M€);
  • autres arts : £28,6 M (33.3. M€);
  • compagnies nationales : £24,6 M (28.7 M€). (Gouvernement écossais)

À cela s’ajoute la politique linguistique.

Le budget écossais révisé 2025-2026 consacre £35,5 M (41.4 M€) au gaélique et au scots, dont :

  • £14,8 M (17.3 M€) pour la diffusion audiovisuelle gaélique ;
  • £6,325 M (7.3 M€) pour Bòrd na Gàidhlig15 ;
  • £4,67 M (5.4 M€) de Gaelic Specific Grant ;
  • £3,458 M (4 M€) éducation/culture/arts ;
  • £5 M (5.8 M€) d’investissement ;
  • £0,95 M (1.1. M€) pour le scots. (Gouvernement écossais)

Soit environ : £6,4 (7.5 €) par habitant pour gaélique + scots.

C’est déjà à peu près deux fois le ratio équivalent pour la Bretagne.

Mais l’élément institutionnel est encore plus important : l’Écosse décide elle-même de cette politique dans son budget national dévolu.

8. Pays de Galles : changement d’échelle

Le budget directement rattaché à la stratégie Cymraeg 2050 atteint £57,2 M (66.7 M€) en 2025-2026, contre environ £54 M (62 M€) l’année précédente. (GOV.WALES)

Sur une population de 3,187 millions : cela correspond à ≈ £18 (21 €) par habitant pour le gallois.

C’est environ cinq fois ce que dépense la Bretagne par habitant.

À noter que ce budget ne sert pas seulement à financer quelques associations linguistiques. Il couvre notamment :

  • apprentissage du gallois ;
  • National Centre for Learning Welsh ;
  • Coleg Cymraeg Cenedlaethol16 ;
  • Eisteddfod17 ;
  • Urdd Gobaith Cymru18 ;
  • Mentrau Iaith19 ;
  • presse communautaire galloise ;
  • politique familiale ;
  • infrastructure linguistique. (GOV.WALES)

En Galles, le gallois est traité comme un élément de « l’ infrastructure » nationale quand le breton reste beaucoup plus souvent traité en France comme un élément d’une politique culturelle facultative.

9. Irlande : près de 20 € par habitant avant même TG420

Le budget irlandais 2025 prévoit :

  • près de 380 M€ pour Arts and Culture ;
  • 107 M€ pour le soutien aux Gaeltacht21 et à l’irlandais ;
  • 60 M€ pour TG4, la télévision publique en langue irlandaise ;
  • environ 328 M€ pour l’ensemble du secteur média. (Gouv.ie)

Ar 107 M€ représentent déjà ≈19,6 € par habitant.

Si l’on ajoute les 60 M€ de TG4, les moyens directement identifiables consacrés à la langue et à son univers médiatique approchent : 167 M€, soit environ 31 € par habitant.

En termes de capacité de construction d’un espace culturel et médiatique dans la langue, comme avec le Pays de Galles, l’écart avec la Bretagne est considérable.

10 . Le Pays basque : un exemple spectaculaire

Le budget 2025 du gouvernement basque prévoit :

Pour la culture : 79,8 M€, pour la politique linguistique euskara : 86,4 M€

soit déjà : 166,2 M€ culture + langue.

Pour seulement 2,218 millions d’habitants on arrive à :

  • culture : ≈36 €/hab.
  • euskara : ≈39 €/hab.
  • culture + langue : ≈75 €/hab.

Le seul budget de politique linguistique basque est donc plus de sept fois le budget breton en valeur absolue, alors qu’Euskadi a un million d’habitants de moins que la Bretagne administrative et moins de la moitié de la population de la Bretagne 5.

À noter que les 86,4 M€ mentionnés ci-dessus comprennent notamment 59 M€ pour HABE, l’organisme chargé notamment de l’apprentissage de l’euskara, et 17,6 M€ consacrés à accroître son usage social, notamment dans les médias, loisirs et sports… (Euskadi)

Et pour terminer, nous ajoutons un autre élément utile, celui de l’audiovisuel public avec l’EiTB dont le budget est de 192,2 M€. (Euskadi)

Yes Breizh cite souvent nos « cousins » d’outre-Manche, mais il faut remarquer qu’Euskadi possède ce que la Bretagne ne possède pas : un véritable système culturel national comprenant langue + télévision + radio + patrimoine + création + donc rayonnement international.

11. Une conclusion…

La Bretagne n’est donc absolument pas – bien sûr- un désert culturel. Elle dispose de théâtres, festivals, bibliothèques, conservatoires, musées, patrimoine, centres d’art, etc., abondamment financés par les collectivités.

Le problème est ailleurs. Ces moyens financiers sont fragmentés entre des centaines de décideurs et ne constitue pas une politique culturelle bretonne.

C’est ce qui distingue les deux modèles :

Modèle français/BretagneModèle dévolu souhaité par Yes Breizh
Culture éclatée entre communes, EPCI, départements, Région, ÉtatUne stratégie nationale cohérente
La langue est une compétence facultativeLa langue fait partie de la politique publique centrale
Pas réellement d’audiovisuel public bretonS’inspirer de BBC Cymru/S4C, TG4, EiTB…
Pas de stratégie culturelle internationale bretonne autonomeCréation d’instituts et programmes internationaux22
Des financements sectorielsBâtir un « écosystème » cohérent

Nous bâtirons pour la prochaine édition du Levrig pour la culture, mais également pour les autres « portefeuilles ou thématiques » 3 scenarii de budgets pour la dévolution pour la Bretagne dans le cadre d’un plan de transfert progressif.

Notennoù ha sklaeradurioù

1. Comme déjà indiqué Bretagne 5 correspond à la Bretagne réelle, dite historique avec ses 5 départements. ↩

2. Etablissement public de coopération intercommunale. ↩

3. Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. ↩

4. Revenus fiscaux destinés à décourager la consommation de biens jugés nuisibles pour la santé ou l’environnement. ↩

5. Contribution au remboursement de la dette sociale ↩

6. Les comptes définitifs 2024 de chaque niveau de collectivité sont disponibles auprès de l’OFGL/DGFiP. (Collectivités Locales) ↩

7. Voir nos réflexions thématiques notamment sur les sujets de la santé et du handicap. ↩

8. Voir nos réflexions thématiques notamment sur le sujet de l’éducation. ↩

9. Voir nos réflexions thématiques sur ces sujets. ↩

10. Voir nos réflexions thématiques notamment sur les sujets de l’agriculture et de la mer. ↩

11. Voir notre réflexion thématique sur le logement. ↩

12. En tout cas, cela l’était pour Yes Breizh. ↩

13. Le Département des études, de la prospective, des statistiques et de la documentation, le service statistique du ministère de la culture.
↩

14. Pourquoi n’existe-t-il pas un véritable compte consolidé sur le sujet des langues de Bretagne ? ↩

15. L’équivalent de notre Office Public de la Langue Bretonne ↩

16. Bibliothèque sur Internet comprenant des ressources en gallois et en anglais pour le corps enseignant et les élèves. ↩

17. Grand festival culturel gallois de littérature, de musique et de théâtre centré sur la langue galloise. ↩

18. La plus grande organisation de jeunesse bénévole du Pays de Galles, proposant des activités en langue galloise aux enfants et aux jeunes. ↩

19. Welsh language initiative. ↩

20. La télévision publique en langue irlandaise. ↩

21. « Gaeltacht » est un mot irlandais qui désigne l’ensemble des personnes parlant l’irlandais. Par extension, il désigne une région où l’on parle la langue irlandaise dans une importante proportion. ↩

22. Voir l’analyse thématique sur la diaspora. ↩

An teuliadoù tematek e Levrig 2027 Yes Breizh

• Unan. Stad, ensavadurioù, an dereadur hag ar Vonreizh
• 2. An arc'hant publik, ar budjed hag an emrenerezh arc'hantel
• 2a. Dielfennadenn ar budjed: Bro-C'hall – Breizh 5
• 3. Servijoù foran e Breizh
• Pevar. Yec'hed e Breizh
• 5. An nammder e Breizh
• 6. Deskadurezh, stummadur ha deskadurezh uhel
• 7. Sevenadur, yezhoù ha mediaoù
• Eizh. Identelezh breizhat, treuzkas ha kenglot
• 9. Al lojeiz e Breizh
• dek. Implij, embregerezhioù ha diorren ekonomikel
• 11. Armerzh, kenwerzh ha treuzdougen
• 12. Al labour-douar hag ar boued
• 13. Ar mor, an aod hag ar pesketa
• 14. Energiezh, hin hag an tremen glas
• 15. An deknologiezh niverel hag ar veurvorelezh
• 16. Surentez, justis ha difenn
• 17. Europa hag ar peurrest eus ar bed
• 18. An diaspor breizhat hag al levezon etrebroadel

Skoazellañ Yes Breizh ha kemer perzh en e obererezh

Lenn ivez

Ur goulenn ? Un evezhiadenn ?