Déclaration de Yes Breizh à la suite de la réunion de Cardiff du 14 septembre
À Cardiff, les responsables politiques d’Écosse, du Pays de Galles et d’Irlande ont affirmé ensemble un principe qui, au fond, dépasse leurs seules nations : un peuple doit pouvoir décider démocratiquement de son avenir, et nul pouvoir central ne saurait durablement faire obstacle à l’expression de cette volonté.
Cette déclaration concerne d’abord l’Écosse, le Pays de Galles et l’Irlande. Mais elle ne peut laisser la Bretagne indifférente.
On peut d’ailleurs s’étonner qu’à une rencontre d’une telle portée, consacrée à l’avenir de nations auxquelles nous unissent tant de liens historiques, culturels et humains, la Bretagne n’ait été présente, fût-ce comme observatrice, ni par sa Région, ni par l’un de ses représentants au Parlement.
Mais gardons-nous des comparaisons trop faciles
La Bretagne n’est ni l’Écosse, ni le Pays de Galles, ni l’Irlande. Elle est la Bretagne.
Elle a son histoire, sa personnalité, ses intérêts, ses forces et ses faiblesses. Elle a surtout son propre chemin à tracer et il appartient aux Bretonnes et aux Bretons.
Yes Breizh ne leur propose donc pas d’adopter un modèle venu d’ailleurs. Nous ne leur demandons pas davantage de choisir entre la fidélité à la Bretagne et l’appartenance à la République.
Nous leur proposons de reprendre la maîtrise de ce qui peut et doit être décidé en Bretagne pour agir sur ce qui conditionne directement son avenir : l’économie, le logement, la santé, les langues, l’enseignement, l’énergie, l’environnement, l’agriculture, la mer, le numérique, la sécurité, l’aménagement de son territoire.

Voilà ce que nous appelons la dévolution
Il ne s’agit ni d’un privilège réclamé à l’État, ni d’une faveur qu’il conviendrait d’attendre de lui.
Il s’agit d’une conception moderne de la responsabilité publique.
Car un pays qui ne décide de presque rien finit par ne plus répondre de grand-chose.
Et un État qui prétend tout décider depuis son centre finit trop souvent par décider loin des réalités.
Pour autant, rien de durable ne pourra être bâti sans le consentement des Bretons eux-mêmes.
La dévolution ne se décrétera pas.
Elle ne sera l’œuvre ni d’un parti, ni d’une organisation, ni de quelques élus. Elle n’aura de légitimité que si elle procède de la volonté clairement exprimée du peuple breton.
C’est pourquoi notre première tâche est de convaincre non par les slogans, mais par les faits; non par l’affirmation, mais par la démonstration.
Expliquer. Comparer. Chiffrer. Proposer.
Montrer qu’une Bretagne dotée de responsabilités nouvelles est non seulement possible, mais qu’elle peut être plus efficace, plus démocratique et davantage maîtresse de son destin.
Il appartiendra alors à la Bretagne et à la République française de trouver ensemble les voies juridiques et constitutionnelles permettant de traduire cette volonté dans les institutions.

Aucune organisation institutionnelle n’est éternelle
La France s’est longtemps construite par la concentration du pouvoir.
Ce fut son histoire.
Mais l’Histoire n’ordonne pas de répéter indéfiniment les solutions du passé.
Aucune Constitution n’a vocation à figer l’Histoire.
Le XXIᵉ siècle peut être celui d’une République assez sûre d’elle-même pour faire confiance à ses composantes, assez forte pour partager les responsabilités, assez moderne pour reconnaître que l’unité n’exige pas l’uniformité.
Notre ambition n’est pas de dresser la Bretagne contre la France.
Elle est que la Bretagne, consciente de ses victoires et de sa ténacité tout au long de son histoire, responsable de ce qu’elle fait et confiante dans ce qu’elle peut devenir, prenne enfin toute sa part dans la conduite de son propre destin.
L’Écosse suivra son chemin.
Le Pays de Galles suivra le sien.
L’Irlande suivra le sien.
La Bretagne doit maintenant ouvrir sa propre voie.
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